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Publié le Mercredi 4 Avril 2018.

Chantal Koré est l'une des jeunes filles ivoiriennes qui ont été humiliées sexuellement au Maroc. Revenue au pays, un an après cette histoire pathétique, elle nous parle des circonstances de sa rencontre avec la dame qui est à la base de leur calvaire. Elle donne aussi les raisons pour lesquelles elle s'est retrouvée au Royaume chérifien.

Depuis quand êtes-vous rentrer au pays?

Nous sommes arrivées à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny de Port-Bouët, le vendredi 16 mars 2018 à 1 h du matin. Nous avons quitté Casablanca le jeudi 15 mars, à 16 h. Depuis que nous sommes arrivées, c’est notre première apparition. Vous êtes les premières personnes avec lesquelles nous échangeons publiquement, à travers cette conférence de presse.

Qui a facilité votre retour en Côte d’Ivoire ?

C’est l’ambassade de Côte d’ivoire au Maroc. L’ambassadeur, lorsqu’il nous a reçues, nous a demandées de rentrer en contact avec lui, si nous sommes confrontées à des difficultés. C’est comme cela que Nina et moi sommes allées le voir pour lui expliquer notre désir de rentrer au pays. Parce qu’il était difficile pour nous de continuer à vivre au Maroc. N’ayant plus de travail et d’argent nous avons souhaité revenir au pays, le temps que le procès s’ouvre à nouveau. Le peu de don collecté par les bonnes volontés pour notre prise en charge médicale étant fini, nous avons décidé de rentrer. Nous lui avons demandé s’il pouvait nous permettre de rentrer au pays. Il a répondu pour dire que dans son budget, il n’y a pas un chapitre consacré à cela. C’est ainsi qu’il nous a orientées vers l’Organisation internationale pour la migration (Oim). C’est cette organisation onusienne qui s’est chargée de payer nos billets d’avion pour rentrer au pays. Mais, avant de rentrer, nous avons pris des dispositions. Nous avons demandé au juge d’instruction si on pouvait rentrer, au pays, le temps de revenir quand le procès sera ouvert. La juge marocaine qui défend notre dossier sous les conseils de Me Martin Koudou Dodo, avocat près la Cour d’Appel d’Abidjan, a obtenu l’aval du juge d’instruction. C’est ainsi que nous avons regagné notre terre natale, le vendredi 16 mars 2018.

Comment avez-vous été accueillie par vos parents et amis ?

Etant au Maroc, j’étais tout le temps en contact avec mes parents. Quand je devais venir, j’ai appelé mon grand frère qui n’a pas manqué de dire qu’il était très content de mon retour au pays. Ma famille était heureuse. Elle ma beaucoup soutenue dans l’épreuve que je traverse depuis le dimanche 31 juillet 2017.

Quand êtes vous allée au Maroc?

Je suis allée au Maroc en 2015. Mon projet était de partir pour Europe. J’ai essayé en 2016, mais ça na pas marché. Alors, pour m’occuper, j’ai décidé de faire de petits boulots pour avoir de l’argent, afin de réessayer de rejoindre l'Europe et particulièrement la France, le pays de mes rêves.

Quel est votre niveau d’étude ?

J'ai arrêté mes études en classe de seconde.

Comment avez-vous connu la dame qui est la base de votre malheur?

J’étais dans un restaurant en train de manger, quand un Monsieur qui était à table, m’a parlé d'un nouveau maquis qui venait d’ouvrir. La propriétaire avait besoin de deux Ivoiriennes pour travailler dans ce beau et grand maquis. Il m'a même montré les photos du maquis. Comme j'avais des problèmes financiers pour joindre les deux bouts et payer ma maison, j’ai alors sauté sur l’occasion. L'entretien avec la patronne des lieux s'est bien passé, et nous sommes tombées d’accord sur le salaire. Elle m’a alors demandé de libérer mon studio, et de venir habiter avec elle. J’ai hésité un moment, mais après je l’ai rejointe dans sa maison de trois pièces. Son mari et elle m’ont aidée à aménager. Par la suite, elle m’a dit qu’elle avait besoin d’une deuxième fille, c’est ainsi que j’ai donné l'information à Nina. Pendant le contrat de travail, elle nous manquait de respect. Mais comme on avait besoin d’argent, on n'accordait pas d’importance à ses écarts de langage.

Que s'est-il passé par la suite ?

C’est dans cette ambiance qu’un jour, elle a convoqué une réunion au cours de laquelle, elle nous a demandées d'arrêter le travail parce que, selon elle, on ne respectait pas les clients. Nous n'avons pas fait d'objection à sa requête. La même nuit, Nina a plié ses bagages et s'en est allée. Quant à moi, je suis restée quelque temps encore, le temps d'être située. Puisque c'est elle qui m'a emmenée à libérer ma maison. Je lui ai demandé combien de temps elle me donnait pour quitter sa maison. C'est comme cela qu'elle m'a dit qu'elle ne ma pas chassé de la maison, mais d'arrêter le travail. Avec mon nouveau statut, je m'occupais uniquement du ménage à la maison. Mais quand les clients commençaient à affluer, elle me sollicitait pour lui prêter main forte. Alors, je lui ai dit que je pouvais nettoyer la maison parce que j'y vis, mais de là à servir les clients et à veiller avec elle, c'est comme si je travaillais à nouveau au maquis. C'est ainsi qu'elle m'a demandé de reprendre le travail. J'ai cru qu'elle allait changer. Mais c'était une erreur d’appréciation. Un jour, elle m'a littéralement humiliée en présence de mes amis, en me traitant comme une chienne. Trop était trop, et j'ai décidé de partir de chez elle, malgré le fait que je n'avais pas de toit.

Où êtes-vous allée ?

J'avais des amis qui habitaient au dessus de l'appartement de ma patronne. Choqués par son attitude, ils sont venus de façon spontanée, chercher mes bagages, et je suis allée habiter chez eux. Quelques jours après, j'ai eu un autre boulot où je descendais chaque samedi. C'est ainsi qu'un jour, nous nous sommes croisées dans les escaliers. Elle a commencé à m'amadouer en disant que je suis sa fille, et qu'il fallait qu'on se réconcilie. Elle a également expliqué qu'elle avait un anniversaire à organiser, et qu'elle aimerait que je vienne l'aider. J'ai alors accepté de lui donner un coup de main. Quelques semaines après, elle m'a fait appeler pour me demander de revenir occuper mon poste, et qu'il était important pour la fille et la mère de faire table-rase de leurs différends pour aller sur de nouvelles bases. A travers sa proposition, j'avais compris qu'elle avait le dos au mur puisque que le maquis ne donnait plus comme quand Nina et moi on le gérait. En fait, elle n'avait plus de clients.

Quelle à été votre réaction ?

Je lui ai simplement dit que je travaillais dans un autre endroit, et que c'était difficile pour moi d'accepter son offre. Elle m'a expliqué que c'était difficile pour elle depuis notre départ, et qu'il fallait que je revienne. C'était vraiment difficile pour elle, au point qu'elle mangeait des œufs pour dormir. Par humanisme, je suis revenue travailler chez elle. J'ai recontacté mes amis, et le maquis a commencé à donner à nouveau. Nina qui n'avait pas encore trouver du travail, est revenue avec l'accord de la patronne, pour reprendre sa place. Le maquis ne désemplissait plus, et les affaires marchaient à merveille. Aujourd'hui, je n'arrive pas à comprendre son attitude. Qu'est-ce qu'on a pu bien faire à cette femme, pour qu'elle nous humilie de la sorte. Je me perds en conjectures depuis le 1er août 2017. Car, ce sont nos vies qu'elle a détruites à jamais.

Sur les réseaux sociaux on parle de bagarre qui aurait éclaté entre Toi et Nina. Et que, c'est suite à ces prises de bec, que la dame vous a jetées dans la rue ?

Effectivement, comme la plupart des femmes, Nina et moi nous nous sommes bagarrées. Fâchée, notre patronne nous a mis dehors. Dans la rue, nous nous sommes tues après quelques minutes de chamaille. Mais ce que je ne comprends pas, c'est la tournure qu'a pris cette affaire. Moi Chantal, j'ai le plus mal. Parce que j'ai beaucoup apporté à cette femme camerounaise. Elle ne devrait pas me remercier de la sorte, en me faisant tabasser toute nue par quatre loubards. Ils m'ont violentée et humiliée sexuellement. De 9h à 15h, ils nous ont frappées, marché sur nos parties intimes, nos ventres, écrasé leurs chaussures sur nos visages. Les quatre gaillards ont fait tout ce qu'ils voulaient de nous. Pour une simple dispute entre « sœurs » d'un même pays. On ne peut pas traiter des humains de la sorte (Elle éclate en sanglots). C'est cruel de sa part. Nous sommes aujourd'hui perdues, par sa faute. Nous serons marquées à vie par cet épisode lugubre de notre vie.

A quel moment avez-vous été convoquées à la police?

C’est le lendemain, c'est-à-dire le 2 août 2017, que nous avons été convoquées à la police. Nous avons passé un jour dans ce commissariat, dans le froid et en plein air. Notre patronne qui nous a mise dans cette situation, pleurait comme une madeleine. Elle se lamentait et disait qu’elle ne veut pas aller en prison. Elle se faisait passer pour une victime. Je ne m’occupais pas d’elle parce que je n’arrivais même pas à m’asseoir sur mes fesses, tellement elles étaient endolories. Je ne me couchais que sur mon ventre. La réaction de la police marocaine était normale, puisque la femme a fait croire que nous étions des délinquantes. C’est vrai, au premier abord, la police marocaine est obligée de garder le silence pour voir clair. Parce que pour elle, tout le monde est un peu responsable. Mais quand elle a visionné la vidéo, elle a fait son travail comme il se devait.

Quelle a été la réaction de votre patronne à la police ?

A la police, notre patronne a commencé à nous supplier, et nous demander de l’épargner, et qu’elle n’a jamais demandé aux jeunes de nous faire subir des services corporels, et de nous mettre nues. Elle leur a seulement demandé de nous ligoter, de prendre des photos et de les expédier aux parents, afin qu’ils paient la rançon. Pas demander de nous déshabiller et de nous frapper.

Au commissariat étiez-vous en garde en vue ?

Non. On était dans la cour du commissariat de Fermaous. Nous avons fait un jour dans ce commissariat. Du fait de nos blessures sur tout le corps et sur les fesses. On ne dormait que sur notre ventre. Quand on voulait aller aux toilettes, des policiers nous accompagnaient. Le lendemain de notre arrestation, Yacou Cissé est venu avec les preuves portant sur les violences exercées par plusieurs personnes sur nous, à travers la vidéo réalisée lors de notre bastonnade par les loubards de notre patronne.

Il se raconte qu’après l’humiliation et la violence infligées par les jeunes Camerounais, les deux communautés ivoirienne et camerounaise ont voulu régler l’affaire à l’amiable ?

Oui. M. Aka, le président des Ivoiriens à Casablanca et celui des Camerounais voulaient que l’affaire se règle à l’amiable. Mais nous n’avons pas accepté. La réaction de M. Aka est un peu normale. Parce que dans un premier temps, il ne savait pas ce qui se passait vraiment. Pour éviter la tension entre les deux communautés, il a réagi pour dire que c’était bien de régler ce problème à l’amiable. Mais dès qu’il s’est rendu compte de la gravité des faits, il a complètement changé d’attitude et s’est opposé au règlement de l’affaire à l’amiable.

Quand avez-vous bénéficié des premiers soins médicaux ?

C’est quand la police a été en possession de la vidéo, qu’elle nous a envoyées à l’hôpital. Dans le Centre de santé, nous avons reçu des injections et des soins.

Votre patronne arrêtée par la police, a avancé que c'est parce que vous avez cassé des choses dans son maquis, qu'elle a agi de la sorte ?

Effectivement, elle a dit à la police, que nous avons cassé des objets chez elle. Mais elle a été confondue, quand la police marocaine s'y est rendue pour faire le constat. Tout était en place. Rien n'a été touché. C'est ainsi que la police marocaine l'a gardée. Elle a compris que son argument ne tenait pas. On ne s'est même pas battues là-bas. Dès que nous avons commencé à nous chamailler, elle nous a demandé de descendre. C'est dans la rue que nous sommes battues. Quand on s'est épuisées, nous nous sommes réconciliées sans même que quelqu'un nous apporte assistance. La preuve, à la police, elle pleurait et nous demandait pardon. J'ai refusé de lui accorder le pardon.

Pourquoi ?

J'étais tellement écœurée qu'il était difficile pour moi de lui faire cette faveur. Elle est allée trop loin. Elle a trop exagéré. On ne peut pas faire ce qu'elle a fait à quelqu'un qui lui permettait de vivre dans le luxe. Je lui rapportais beaucoup d'argent, grâce à mon carnet d'adresses, à mes connaissances et à la forte communauté ivoirienne qui vit à Casablanca. Elle vendait 7 à 8 palettes par jour. Ce n'est pas donné à de nombreux restaurants-maquis à Casablanca. Par mois, Nina et moi lui rapportions entre 2000 et 3000 euros (1.300.000 et 1.950.000 F Cfa) parce que nous avions le flair et parce que nous sommes des ivoiriennes. Et pourtant, elle nous payait un salaire de 150 euros le mois (97.500 F Cfa). On ne se plaignait pas. On pouvait faire comme les autres filles au Maroc pour avoir de l'argent. Mais Nina et moi nous nous sommes gardées de suivre ce chemin qui mène à la facilité. Et puis, si elle voulait être honnête, elle aurait dû saisir les présidents des deux communautés, pour leur soumettre le problème. Mais non, elle voulait nous exploiter, et l'affaire a tourné au vinaigre.

A la police, elle a dit qu'elle n'a jamais demandé à ces compatriotes de vous battre. Elle leur a seulement demandé de vous effrayer ?

C'est quand elle a visionné la vidéo à la police, qu'elle a juré sur tous les toits qu'elle n'a jamais donné l'ordre à ses loubards de nous frapper. Elle leur a seulement dit de nous effrayer, afin que nous appelions nos parents pour envoyer la somme exigée.

Comment peut-on expliquer l'attitude de votre patronne?

Moi, j'ai compris une chose. C'est qu'elle était endettée jusqu'au cou. Selon des informations, que nous avons pu vérifier au sein de la communauté camerounaise, elle a pris de l'argent avec l'un de ses compatriotes qui résidait en Algérie, pour l'installation de son restaurant-maquis. Cette personne a, au bout de quelque temps, émis la volonté de se rendre au Maroc. Mais une fois à la frontière du royaume chérifien, elle n'a pu la franchir. C'est ainsi qu'elle a commencé à exercer une pression sur la patronne, afin de rentrer en possession de son argent et essayer à nouveau de franchir la frontière. C'est dans l'optique de réunir l'argent, qu'elle a mis en place cette stratégie qui a tourné au cauchemar pour nous. Elle avait sous la main deux jeunes filles ivoiriennes dont le pays est considéré comme le poumon de l'économie de la sous région ouest africaine. En plus, quel parent ne remuera-t-il pas ciel et terre pour sortir son enfant des griffes de kidnappeurs ? Je crois fort bien que c'est ce calcul là qu'elle a fait. Malheureusement, elle s'y est mal prise, et Nina et moi avons payé le prix fort.

Vous avez été violentée, humiliée sexuellement, une vidéo de vous circule sur les réseaux sociaux. Qu'est-ce que vous attendez de la justice Marocaine ?

Je veux que justice soit rendue. Ce qu'ils nous ont fait est cruel, atroce et inhumain. Nina et moi avons subi des atrocités. C'est méchant. Comment peut-on séquestrer deux jeunes filles sans défense, les violenter, les humilier sexuellement, les chosifier, les déshabiller comme des vers de terre, les frapper à l'aide de barres de fer tout en les filmant ? C'est incroyable tout ça. Aujourd'hui, je ne suis plus que l'ombre de moi même. J'ai perdu ma dignité de femme. Chaque jour, je fais des cauchemars. Je suis constamment stressée, énervée parce que quand je me retrouve seule, mon esprit est envahi par cette humiliation que ces quatre personnes m'ont infligée, de 9h à 15h. Pendant 6h, des loubards nous ont malmenées comme si on avait commis le plus gros péché du monde. Il faut que le commanditaire et les auteurs paient pour leurs actes. La patronne et deux de nos bourreaux sont entre les mailles de la police. Deux autres sont en cavale. Il faut les choper et leur faire payer pour leurs actes.

A ce propos, vous êtes confrontées à un problème d'avocat. Me Rachida Achny, avocat près la Cour d’Appel de Casablanca, qui a votre dossier, ne s'exprime pas trop bien en français...

C'est d'ailleurs pour cette raison que j'insiste auprès du gouvernement ivoirien pour qu'il donne une dérogation spéciale à Me Martin Dogbo Koudou, avocat à la Cour d’Appel d’Abidjan et anciennement en France, pour nous défendre. Et ce, par postulat. Cela existe dans plusieurs pays. Ce document va lui permettre d'intervenir physiquement dans notre dossier. Dans nos démarches, on nous a dit que la Côte d'Ivoire et le Maroc n'ont pas signé de convention en matière judiciaire. Ce qui fait que Me Martin Dogbo Koudou ne peut pas mener notre défense au travers de sa consœur du Maroc qui se débrouille en français. Certes, il y a des traducteurs, mais est-ce qu'ils pourront traduire correctement, comme nous le souhaitons. En plus, Me Martin Dogbo Koudou connaît parfaitement notre dossier.

Pouvez-vous êtes plus explicite?

Il a effectué plusieurs missions à Casablanca, dans le cadre de cette affaire. Il a mené des démarches tant auprès des autorités judiciaires ivoiriennes que marocaines. Mais là où il y a un hic, c'est qu'il n'existe pas d'accord judiciaire entre la Côte d'Ivoire et le royaume chérifien. Cela fait que l'avocat que Nina et moi avions constitué, ne pourra pas nous défendre, si le gouvernement ivoirien ne fait rien. Depuis septembre 2017, il a pris à bras le corps notre affaire, et peut mieux défendre notre dossier. Ce qui n'est pas le cas pour Me Rachida Achny. Loin de nous l'idée de la dénigrer, mais elle ne s'est jamais entretenue avec nous à propos de notre dossier. Chaque fois qu'on est convoquées au tribunal, nous sommes constamment en train de lui rappeler certains chapitres du dossier. Cela nous inquiète énormément. Alors qu'avec Me Martin, nous sommes plus à l'aise, plus confiantes et avions le moral pour que justice soit rendue.

Comment s'est fait le choix de Me Rachida Achny pour votre défense ?

Quant l'affaire a éclaté, l’Association des femmes du Maroc, qui défend la cause des femmes battues dans ce pays, a été outrée. C'est ainsi qu'elle s'est auto-saisie, et a constitué Me Rachida Achny pour nous défendre. Il faut le dire, cette association a été entreprenante. Elle assure tous les frais de l'avocate. Quant à Me Martin Dogbo Koudou, il a décidé de nous défendre de façon gratuite. Il veut mettre tout simplement son expérience à la disposition de ses sœurs humiliées et battues comme des animaux par leurs frères noirs.

Le procès proprement dit, c'est pour quand?

Il n y a pas encore de date. Le dossier est toujours en instruction. C'est pourquoi Nina et moi avions demandé à rentrer au pays, le temps que le procès s'ouvre véritablement. Ici au moins, nous bénéficions de l'assistance de nos parents. Au Maroc, la situation était compliquée, parce que l'argent faisait défaut.

Vous êtes prête à repartir à l'aventure ?

Nina m'a confié qu'elle ne sortira plus de la Côte d'Ivoire. Mais me concernant, ce n'est pas évident. Mon rêve est d'aller en Europe et j'y arriverai.

Interview réalisée par Elysée YAO




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